Hollie, Bateau Bay, Australie

Get Personal Hollie Case Study 665

En février 2012, on m’a diagnostiqué un cancer colorectal. À 24 ans, ce n’est pas exactement le genre de choses qu’on s’attend à se faire dire.

Le cancer avait atteint mon foie, me plaçant ainsi au stade IV de la maladie. On m’a dit que mes chances de survie étaient de 5 % et qu’on devait m’opérer à l’intestin sur-le-champ, puis que j’aurais à suivre un traitement de chimiothérapie pour réduire la taille des tumeurs sur mon foie.

On m’a d’abord retiré 30 cm du sigmoïde, puis j’ai subi une séance de chimio qui a entraîné une réaction allergique. Les 3 mois suivants, on m’a administré un autre type de chimio qui a rendu mes mains, mes pieds et ma gorge très sensibles. Il m’était impossible de toucher ou de boire des choses froides, et même l’eau du robinet me faisait mal. Mes cheveux ont commencé à disparaître, j’étais extrêmement épuisée et j’avais des nausées.

P endant mon traitement, on a testé mes prédispositions génétiques. Les résultats étaient négatifs, ce qui signifie que cette mutation génétique s’était développée chez moi d’elle-même. À titre préventif, les membres de ma famille ont tout de même subi une coloscopie, mais heureusement, tous étaient sains. Si je décidais de fonder une famille, il y aurait 50 % de risques que je transmette cette mutation à mes enfants. Mais maintenant que l’on connaît la maladie, on pourrait prévenir le cancer en retirant leur intestin.

Malgré tout, durant tous ces mois, j’ai gardé une attitude positive. Les résultats de chimio allaient déterminer si on m’opérait au foie ou non. Le traitement et ma détermination m’ont permis d’être candidate à une embolisation portale du foie, opération au cours de laquelle on coupe la circulation d’une section du foie, forçant ainsi une autre partie à se développer. Ainsi, mon foie serait assez gros au moment de la chirurgie, et j’aurais plus de chances de survivre à l’opération.

Après mon opération au foie, je me souviens que mon chirurgien m’a réveillée en disant : « Hollie, j’ai réussi à tout enlever ». Je n’oublierai jamais ces mots.

On m’a placée aux soins intensifs pour une période de convalescence très difficile, où j’ai notamment contracté la grippe porcine. Du liquide s’est accumulé dans mes poumons, et on a dû le drainer pendant que j’étais consciente. Je n’oublierai jamais cette douleur intense.

En novembre, j’ai eu mon dernier traitement de chimiothérapie. Je savais que tout s’était bien déroulé. Je me sentais bien et fière de tout ce que j’avais surmonté. Plus tard, une TEP (tomographie par émission de positrons) a révélé que j’étais en rémission, et c’était le plus beau jour de ma vie et la meilleure des sensations. Ça fera bientôt quatre ans que je n’ai plus le cancer.


Bob, Ontario, Canada

En avril 2016, ma vie a basculé. On m’a diagnostiqué un cancer colorectal de stade IV avec métastases au foie. Après le choc initial, j’ai commencé à essayer de mieux comprendre les options de traitement qui s’offraient à moi en tant que Canadien. Malheureusement, en raison de la taille des tumeurs et de leur emplacement sur mon foie, la chirurgie n’était pas une option; la chimiothérapie s’avérait le traitement le plus approprié. Mon oncologue a suivi un protocole de traitement standard. En temps normal, un patient atteint de ce type de cancer et à ce stade devrait recevoir un traitement standard associé à une thérapie biologique, soit Avastin.

Malheureusement, je ne suis pas admissible à ce type de traitement puisqu’un tube a dû être inséré dans mon côlon. Étant donné qu’Avastin est le seul médicament disponible pour les patients qui reçoivent un traitement de première intention, je n’ai pas pu profiter de l’efficacité de cette thérapie ni de toute autre thérapie semblable. Je dois admettre que j’ai été un peu déçu d’apprendre qu’aucun autre traitement biologique n’est approuvé comme thérapie de première intention en Ontario. Les patients au stade IV de la maladie ne peuvent pas recevoir Erbitux et Vectibix avant la troisième intention de traitement.

En tant que Canadien, je suis très fier de notre système de santé et j’en suis de plus en plus dépendant. Il y a toutefois bon nombre d’avancées importantes qui se font attendre, particulièrement en ce qui concerne la disponibilité des traitements connus, qui pourraient potentiellement être bénéfiques pour des patients comme moi. L’une des premières choses que j’ai apprises après mon diagnostic, c’est qu’on n’a qu’une chance de vaincre cette maladie, et on devrait pouvoir saisir cette chance aussitôt que possible. Et j’ai bien l’intention de faire tout ce qu’il faut pour y arriver!


Jana, Washington, États-Unis

J’ai 41 ans et je suis directrice de création, designer graphique, photographe et artiste. J’ai épousé mon mari, Daryl, il y a 15 ans, et nous avons deux enfants, Jasmine et Jeremy, 13 et 8 ans. Après avoir passé quelques années sur la côte Ouest et dans le Midwest, je suis déménagée dans la région de Seattle, où je vis depuis 11 ans. Je suis née à Sofia, en Bulgarie.

Après mon diagnostic de cancer, j’ai renoué avec ma passion pour les beaux-arts et j’ai recommencé la peinture, une activité que j’avais mise de côté pour me concentrer sur ma carrière de directrice de création. J’ai récemment exposé mes premières œuvres et je participe maintenant au Kirkland Art Walk. Avec l’aide d’une fondation avec qui je collabore étroitement, Washington Colon Cancer Stars, j’aimerais monter une exposition d’art au profit des patients de la région atteints d’un cancer colorectal. Mon œuvre Big Blue Hope a récemment été sélectionnée pour le calendrier 2017 « Expressions of Hope ».

Deux ans après mon diagnostic, je travaille toujours à temps plein et je n’ai arrêté aucune activité que je faisais avant la maladie. Au contraire, je m’efforce de prendre conscience de ce qui m’entoure, d’apprécier chaque petit moment et de tirer profit de chaque jour qui passe. L’un des objectifs que je me suis fixés est d’aller marcher ou de faire des randonnées chaque jour. J’y vais après le travail, dans les nombreux parcs et plages de Seattle, et à Cascade Mountains les week-ends.

Depuis mon diagnostic, je cherche toujours à venir en aide aux personnes atteintes d’un cancer colorectal partout dans le monde par l’entremise de groupes de soutien. À la fin de l’année 2015, après avoir participé à de nombreux groupes, j’ai créé sur Facebook une page de soutien destinée aux personnes au stade IV du cancer du côlon. En moins de 6 mois, le groupe a récolté plus de 450 membres. J’essaie de mettre à profit mes nouvelles connaissances sur la maladie pour aider les autres à poser les bonnes questions et à mieux comprendre leurs options de traitement. Je me souviens à quel point je me sentais effrayée et isolée lorsque j’ai reçu mon diagnostic. Le groupe est là pour permettre aux membres de tirer profit de l’expérience des autres personnes et des histoires positives vécues par celles qui luttent contre un cancer du côlon de stade IV.


Katie, Lichfield, Royaume-Uni

Pour Katie, tout a commencé en 2008 après la naissance de sa fille, alors que des caillots de sang se forment dans ses poumons et qu’elle se met à souffrir d’épisodes de diarrhée.

On lui diagnostique alors la maladie de Crohn, mais les symptômes de Katie ne laissent pas présager un cancer colorectal à ce moment. Ce n’est qu’après que son état se soit gravement détérioré et suite à de nombreuses visites à l’hôpital qu’une tomodensitométrie (TDM) dévoile une tumeur péritonéale, qui touche également les ovaires, le foie et l’intestin de Katie.

Après une série de traitements de chimiothérapie qui la rend très malade, Katie est hospitalisée pendant neuf jours. Malheureusement, une nouvelle TDM indique que le traitement ne fonctionne pas. On explique alors à Katie que des traitements de chimio supplémentaires, qui feraient inévitablement tomber ses cheveux, lui permettraient de survivre plus longtemps que les six mois estimés initialement par les médecins.

Katie ne travaillait plus depuis quelque temps déjà, et c’est à ce moment que son mari Stuart et elle décident de donner plus de détails à leurs jeunes enfants. Ceux-ci savaient bien que leur mère était malade, mais le mot « cancer » n’avait encore jamais été prononcé.

« Le cancer colorectal a complètement changé la vie de ma famille, racontait Katie à l’époque. J’ai participé à des compétitions de patinage artistique, j’étais championne junior en Grande-Bretagne et membre de l’équipe olympique britannique. J’ai toujours été en forme et en bonne santé. Depuis les derniers mois, je suis très malade et je ne peux plus accompagner mes enfants à l’école, je n’ai plus assez de force pour conduire. »

« Je suis déterminée à continuer de mener une vie de famille normale. J’ai eu un traitement de chimio hier, mais nous sommes tout de même allés manger une pizza pour célébrer l’anniversaire de mon fils. En novembre dernier, nous avons vécu un voyage magique à Disneyland Paris avec huit autres membres de notre famille. Ce voyage fera à jamais partie des souvenirs de notre temps ensemble. »

Malheureusement, l’état de Katie a continué de se détériorer, et elle est décédée en mai 2013, laissant dans le deuil son mari et leurs deux jeunes enfants.